La situation est plus que préoccupante, des élèves et étudiants dans les rues, les enseignants aussi. Les premiers responsables sont insouciants ou incapables face à cette situation ? une chose est sûre, l’avenir du pays est en jeu.
La cause de cette grève est connue de tous. En effet, il s’agit de faire appliquer une loi promulguée par le gouvernement malien le 16 Janvier 2018 et qui comporte l’article 39 stipulant que : « Toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du statut général s’applique de plein droit au personnel enseignant de l’enseignement secondaire, de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale ».
« Aussi ignare que nous soyons, nous savons que le terme ‘‘plein droit’’ veut dire sans réserve. Je pense que, la non application de cet article à notre égard s’explique par notre effectif pléthorique et les difficultés financières que rencontre le pays. Doit-il avoir une quelconque entrave à l’application d’une loi dans un Etat de droit ? » affirme un enseignant.
Rappelons que les écoles publiques sont constituées majoritairement d’enfants de pauvres ou de simples débrouillards dont certains parents arrivent tant bien que mal à joindre les deux bouts et subvenir aux besoins de leur famille.
Le presque –mutisme des autres membres de la communauté éducative est inquiétant.
Cette communauté éducative est constituée d’un ensemble de personnes pouvant œuvrer dans le domaine de l’éducation à savoir le personnel enseignant, les parents d’élèves à travers les associations de parents d’élèves et les comités de gestion scolaire (A.P.E, C.G.S) et les élèves à travers l’association des élèves et étudiants du Mali (A.E.E.M) et les partenaires techniques et financiers (P.T.F). Elle a un intérêt commun qui est de veiller à l’éducation en due et bonne forme de tous les enfants maliens. Nous ne pouvons que nous inquiéter, si jusqu’à présent nous ne voyons pas d’alliance surtout entre l’A.E.E.M et les parents d’élèves pour revendiquer les droits des enfants.
La crise continue
L’école malienne souffrait déjà de baisse de niveau, mais nous pouvons être sûrs, que ce problème s’est empiré. Les enfants trainent dans les rues au lieu d’entrer en classe et apprendre. Cela augmentera sans doute le taux de délinquance juvénile. D’année en année, au Mali nous évitons de justesse une année blanche, ou encore faisons le minimum pour faire passer les examens de fin d’année. En laissant l’essentiel de côté, nous nous contentons de dire que l’année a été sauvée.
La fin des écoles publiques ?
Soulignons aussi que certains parents retirent déjà leurs enfants des écoles publiques et les inscrivent dans les privées. Cela reste un confort pour d’autres qui ne gagnent presque pas 1000F comme recette journalière.
« Ils (les dirigeants. Ndlr) ont leurs enfants dans les écoles privées ou à l’étranger. Ils piétinent celle du Mali. Nous n’avons pas les moyens d’emmener nos enfants dans les écoles privées, donc nous préférons leur apprendre un métier. Nous, les pauvres, n’avons pas de part dans ce pays » nous confie Yaya Diarra.
Ce qu’il faut retenir, c’est que, ce sont les enfants qui pâtiront de cette crise éducative. Enseignants, membres du gouvernement comme parents d’élèves ont déjà une idée de ce qu’ils veulent faire de leur vie et ont bénéficié aussi peu soit-il des privilèges d’être citoyen malien.